Éloge des mauvaises herbes
Ce que nous devons à la ZAD
Résumé
Dans Éloge des mauvaises herbes. Ce que nous devons à la ZAD, un collectif d'intellectuels, d'écrivains, d'artistes et de militants propose une réflexion sur l'expérience de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, au-delà de la seule lutte contre le projet d'aéroport. Coordonné par Jade Lindgaard et préfacé par David Graeber, l'ouvrage envisage la ZAD comme un territoire où se sont expérimentées concrètement d'autres manières d'habiter, de travailler, de produire, de partager les ressources, de prendre soin du vivant et de s'organiser collectivement.
Les différentes contributions abordent ainsi la ZAD comme un laboratoire politique, social et écologique. L'occupation du territoire a permis de développer des pratiques fondées sur la mise en commun, l'autonomie, la coopération et la solidarité, tout en cherchant à échapper partiellement aux logiques marchandes et aux formes traditionnelles d'aménagement du territoire. La construction collective d'habitations, l'agriculture, le soin porté aux terres et à la forêt ou encore le partage d'outils deviennent autant de dimensions d'une expérimentation portant simultanément sur les formes de vie et sur l'organisation politique.
L'ouvrage s'interroge également sur ce que l'expérience de Notre-Dame-des-Landes peut transmettre au-delà du territoire qu'elle occupe. La « mauvaise herbe » du titre devient ainsi la métaphore de pratiques qui apparaissent dans les interstices d'un monde organisé par l'État, le marché, la normalisation et l'artificialisation des espaces. Sans présenter la ZAD comme un modèle qu'il suffirait de reproduire, les auteurs montrent comment une lutte territoriale peut devenir un espace d'expérimentation de formes de vie communes, autonomes et écologiques, faisant de Notre-Dame-des-Landes un terrain particulièrement riche pour réfléchir aux alternatives sociales et politiques contemporaines.